Fidèle à son image, Steve Jobs a participé à la médiatisation du lancement de l'iPad d'Apple. Pour autant, l'ardoise électronique affiche un nombre incroyable d'erreurs de casting, au point qu'il pourrait devenir un cas d'école...
Lancement réussi pour l'iPap d'Apple ? Pas si sûr... Certes ce produit très attirant ne déroge pas aux habitudes de la marque : présence du 'monstre' Steve Jobs, forte médiatisation, qualité, originalité, etc. (nous vous invitons à lire notre article : 'Apple iPad : le retour du tactile, enfin...'). Mais son lancement est entaché de nombreuses erreurs !
Première surprise, pour les anglophones, le nom iPad. 'pad' est en effet un synonyme de 'tampon hygiénique'. La blogosphère anglo-saxonne n'a pas manqué de s'en emparer pour afficher un humour pas toujours très bien placé, entre l'absence de fonction vibreur et le dock d'accueil de la machine. Le temps jouera son rôle, le détail scabreux sera vite oublié.
Plus étonnant, mais Apple n'en est pas à son coup d'essai, le nom iPad a été déposé au début du siècle par le géant franco-italien des semi conducteurs STMicroelectronics auprès de l'Office d'enregistrement des marques et des dessins ou modèles (OHMI) de l'Union Européenne. Apple risque donc de se heurter à une problématique de marque en Europe. Rappelons que le constructeur a déjà, et en plusieurs occasions, affronté les ayant-droits des Beatles (Apple Records), ainsi que plus récemment la marque 'iphone' déposée par Cisco. Aujourd'hui, STM étant fournisseur de composants pour l'iPhone, le conflit éventuel pourrait se régler en douceur.
Des critiques à la pelle
Phénomène plus inquiétant, l'iPad fait l'objet d'un important flot de critiques, probablement plus que pour tout autre lancement. La firme de Cupertino est habituée aux critiques. A l'image d'un Microsoft, tout nouveau produit fait l'objet d'attaques, pas toujours justifiées, puis le temps fait son œuvre. Le succès de l'iPhone l'atteste. Pour autant, l'iPad fait figure d'objet hybride, du type de ceux qui interpellent mais laissent trop souvent un souvenir mitigé. Le positionnement intermédiaire du produit, ce n'est pas un smartphone mais ce n'est pas non plus un PC, contribue à générer des interrogations et des critiques.
La principale critique technologique provient de l'absence du multitâche. A l'image de l'iPhone, l'iPad ne permet pas de lancer plusieurs applications en même temps. L'espoir des geeks qui attendaient une alternative aux netbooks s'envole. Autre critique forte, l'iPad est fermé. Pas de port USB, pas de port pour carte SD, une mémoire somme toute réduite (16 Go de base), un écran à moitié HD (résolution 720 et non pas 1080) et pas de 16:9. Également, l'iPad pourra difficilement remplacer un téléphone, la 3G n'est proposée qu'en option et elle est principalement destinée à disposer d'une liaison internet hors des bornes Wi-Fi domestiques ou publiques.
Paradoxalement, malgré ces critiques, la presse américaine qui n'a pas l'habitude d'être tendre avec les grands acteurs du marché, surtout lorsqu'ils ont une attitude parfois hautaine comme Apple, encense l'iPad. C'est dans le modèle économique de la firme à la pomme qu'il faut voir l'origine de cette prise de position. Avec l'iPad, Apple entend refaire le coup d'iTunes avec l'iPod et de l'AppStore avec l'iPhone. La firme a lancé simultanément le service iBooks, destiné au téléchargement – payant - de médias (livres électroniques, articles, vidéo, musique, etc.) sur l'iPad.
C'est peut-être là qu'est l'avenir de l'iPad et de ses futurs concurrents. Dans la convergence de l'informatique, de la téléphonie et de l'internet, les deux premiers étant limités au profit du dernier, avec des perspectives de monétisation des contenus à télécharger. Et en la matière, Apple a depuis longtemps démontré son savoir-faire.





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