En dévoilant enfin son ardoise électronique, Steve Jobs, le médiatique patron et fondateur d'Apple, pourrait bien relancer définitivement la mode des tablettes.
La tablette n'est pas un concept nouveau dans informatique. L'idée de piloter un PC du bout du doigt via un écran tactile n'est finalement qu'une extension de l'usage de la souris, et ne se heurtait qu'à une problématique technique, disposer d'un écran qui l'accepte. Il n'est à ce titre pas surprenant de découvrir que les premiers appareils a proposer une interface tactile ont été des ordinateurs de poche, comme ceux qui il y a une vingtaine d'années étaient équipés de Windows CE (qui a donné naissance à Windows Phone) ou les regrettés Psion séries 3 à 5.
L'échec, plus tard, du Tablet PC équipé par Microsoft d'un Windows spécifique, est plutôt assimilable à une stratégie commerciale mal équilibrée, partagée entre le surcoût de l'écran et celui du Windows qui plaçaient ces produits en très haut de gamme, les constructeurs rejetant sur Microsoft la responsabilité de ce positionnement sans pour autant faire d'effort pour rendre leurs produits plus abordables.
Le Tablet PC a cependant eu un mérite, celui d'attirer les usagers vers un usage toujours plus intuitif de l'ordinateur, où le doigt devient l'extension de l'esprit humain. Une leçon que les concepteurs de téléphones et de smartphones n'ont pas oubliée, jusqu'à Apple qui a poussé ce concept jusqu'à exploiter le tactile multipoints sur l'iPhone, c'est à dire que certaines fonctions comme le zoom sont pilotées par l'interaction de plusieurs doigts.
L'annonce de l'Apple iPad, la nouvelle ardoise électronique estampillée de la marque à la pomme, n'a donc rien de surprend. Elle est même plutôt l'aboutissement médiatique d'une évolution qui se met en place depuis plusieurs mois autour du PC tactile, de HP avec ses PC de salon haut de gamme à Asus avec un EeePC T91 qui embarque un écran tactile 8,9 pouces rotatif.
L'intérêt de l'annonce d'Apple – l'iPad est une famille d'ordinateurs portables à écran LED de 9,7 pouces 132 dpi HD 720p tactile, processeur à 1 Ghz, disque SSD de 16 Go à 64 Go, Bluetooth, Wi-Fi, et 3G en option – est de relancer l'engouement pour le tactile. Quant au prix uniformément salué par la presse, qui démarre à 499 dollars et jusqu'à 629 dollars, rappelons qu'aujourd'hui un écran tactile ne représente qu'un surcoût de l'ordre de 15 dollars chez les fabricants asiatiques, et que l'environnement logiciel de l'appareil n'est finalement qu'une déclinaison d'un iPhone largement amorti.
Certains constructeurs ont depuis longtemps senti le vent tourner, et s'apprêtent à lancer des produits concurrents, sous Windows 7, Linux ou Android. Si l'iPad est séduisant - il est à ce titre un produit Apple, avec toute la science du design matériel et logiciel de la firme de Cupertino – il n'en reste pas moins un produit au positionnement ambigüe, un prolongement de l'iPhone pour les geeks avec éventuellement la 3G mais sans être un téléphone... ni un PC. Les systèmes d'exploitation concurrents auront certainement un positionnement plus marqué vers les usages professionnels.
Apple a cependant annoncé un environnement de développement pour l'iPad. Si les éditeurs s'en emparent, la machine pourrait éventuellement devenir le terminal d'applications professionnelle. A suivre...
Reste le plaisir que l'on éprouvera à posséder une machine à la beauté marquée, aux lignes épurées comme Apple sait le faire, une interface qui se place entre l'utilisateur et internet. A ce titre, l'iPad pourrait bien marquer une étape essentielle dans la convergence de l'ordinateur, de la téléphonie, de l'internet, et de la télévision en ligne, où l'internet devient une commodité, la télévision se fait ultra personnelle et mobile, et l'ordinateur contraint de se faire oublier...





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